L'utilisation d'animaux dans les laboratoires

La SPA de l’Estrie rêve du jour où l’utilisation d’animaux dans les laboratoires sera désuète. Néanmoins, considérant le contexte actuel où un certain nombre d’animaux doivent être utilisés, notamment à des fins de conformité réglementaire, elle s’oppose fermement aux expérimentations scientifiques inutiles ou qui causent inutilement de la souffrance à des animaux.

En effet, la SPA de l’Estrie déplore, comme c’est le cas pour les produits cosmétiques, les expérimentations menées sur les animaux sans qu’elles ne soient requises en vertu des lois en vigueur et, de surcroît, lorsqu’elles servent à tester des substances non essentielles à la santé des humains.Elle déplore également les expériences qui doivent être répétées, faute d’entente de partage de données entre les entreprises et les organismes ou faute de compatibilité de la législation entre les pays.

Elle déplore enfin que des animaux soient utilisés encore en si grand nombre alors que d’autres avenues sont maintenant disponibles. La volonté de réaliser des économies ne justifie pas, aux yeux de la SPA de l’Estrie, l’utilisation d’animaux qui pourraient être épargnés ou les procédures à l’origine de détresse ou de souffrance qui pourraient être évitées.

Conséquemment, la SPA de l’Estrie considère que les animaux doivent être utilisés seulement lorsqu’il y a une obligation de le faire et lorsque le but de la recherche vise à améliorer de façon significative leur santé ou celle des humains. De plus, elle considère que les animaux utilisés doivent être traités non seulement de façon humanitaire, mais avec grande compassion et que tous les efforts possibles doivent être investis à la réduction des souffrances qui leur sont imposées.

L’utilisation d’animaux n’est pas un droit, mais bien un privilège dont personne, peu importe son statut, ne peut abuser.

  

Adhérer aux « 3 R » pour changer les choses
La SPA de l’Estrie considère que les « 3 R » sont fondamentaux et qu’ils devraient être sous-jacents à toute utilisation d’animaux à des fins expérimentales.

Remplacement : remplacer l’expérimentation animale par d’autres méthodes lorsque cela s’avère possible. En plus d’utiliser des sujets autres que des animaux, chercher, développer et valider des techniques d’expérimentation qui pourront être appliquées de plus en plus fréquemment.
Exemples : utiliser des simulations (organes synthétiques, réalité virtuelle); favoriser la recherche clinique (observation de patients humains malades plutôt que d’animaux rendus malades artificiellement).

Réduction : minimiser le nombre d’animaux utilisés lorsque l’expérimentation animale ne peut être remplacée.
Exemples : privilégier des modèles statistiques et des méthodes expérimentales qui nécessitent moins d’animaux, ainsi que des protocoles de recherche qui permettent de collecter plus de données avec un même nombre d’animaux; harmoniser la législation afin d’éviter la duplication de tests similaires.

Raffinement : déployer les efforts nécessaires pour éliminer la douleur et la détresse des animaux utilisés; les héberger dans un environnement hygiénique; leur fournir les opportunités sociales adéquates pour leur espèce; les traiter de façon humanitaire tant avant, pendant, qu’après les procédures; concevoir l’enrichissement de leur milieu comme une nécessité.
Exemples : utiliser des anesthésiants, des analgésiques et des points limites qui permettent de maintenir la souffrance à un niveau acceptable; héberger les espèces grégaires en groupe et fournir des nids et des cachettes lorsque souhaitable; former tout le personnel qui travaille auprès des animaux de façon à s’assurer qu’il applique en tout temps des techniques et des procédures humanitaires.